%Conférence d'expression sur l'évolution de la Propriété intellectuelle
%%avec l'apparition des nouvelles technologies de l'information et de
%%la communication.
%%Copyleft Corinne Tardy, Yan Li, Dang Van Anh, Thomas Tempé 2001.

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 \begin{document}


 \title{L'évolution de la propriété intellectuelle avec l'apparition des NTIC}
 \author{\textsc{Li} Yan, \textsc{Dang} Van Anh, Corinne \textsc{Tarty}, Thomas \textsc{Temp\'e}}
 \date{Février 2001}
 \maketitle

 \tableofcontents



 \section*{Introduction}

 Les NTIC, ou Nouvelles Technologies de l'information et de la
 Communication, ont un impact certain sur la façon dont nous
 distribuons, et dont nous percevons les oeuvres de
 l'esprit. L'application de la propriété intellectuelle (PI) telle que
 nous la connaissons n'est-elle pas tributaire d'un mode de
 distribution en pleine obsolescence de ces oeuvres? Les NTIC ont-elles
 un impact sur la PI? Si oui, comment va-t-elle évoluer?


 \section{Les notions fondamentales de la propriété intellectuelle}

 \subsection*{introduction}

	 Protéger le droit d'auteur et les intérêts pécuniaires des
 écrivains ou des artistes ne fut jamais pris en compte pendant plus
 de 2 millénaires.  Si avec l'apparition de l'imprimerie tous les
 pouvoirs décidèrent d'instaurer une haute surveillance des oeuvres de
 l'esprit en imposant aux imprimeurs-libraires des privilèges
 d'imprimer, ils ne sont jamais parvenus à endiguer les éditions
 pirates ; ce mal sévit encore d'avantage aujourd'hui.

	 Nous verrons dans un premier temps la définition et
 l'historique de la propriété intellectuelle, quelques définitions
 actuelles concernant la propriété intélectuelle, puis nous parlerons
 de l'apparition des NTIC (Nouvelle Technologie de l'Information et des
 Communications).  Enfin nous évoquerons les évolutions possibles soit
 par la libéralisation, soit par la lutte contre le piratage.

 \subsection{ Les premiers dispositifs de protection juridique }

 \begin{itemize}
 \item \textbf{1709} : Le \textsl{Statute of Anne} loi votée en
 Angleterre, c'est la première loi fondatrice du droit d'auteur. 
 Elle reconnaissait à l'auteur d'ouvrages déjà édités Le droit
 exclusif de les imprimer à nouveau pendant une durée de 21 ans. Les
 premieres nations à protéger le droit d'auteur ont été la Norvège, le
 Danemark et l'Espagne.

 \item \textbf{1767} : Diderot posa les jalons de la reconnaissance du
 droit d'auteur en France. 

 \textit{<< Quel est le bien qui puisse appartenir à un homme, si un ouvrage
 d'esprit[...], la portion de lui même la plus précieuse, celle qui ne
 périt point, celle qui l'immortalise, ne lui appartient pas ? }>>

 \item \textbf{1777} : Le conseil du roi promulgue pour la première
 fois, les privilèges des auteurs auxquels est accordé accordé un droit
 de propriété tendant à prendre le pas sur les acquis des
 \textsl{libraires-éditeurs}. Ceux ci avaient prévalu pendant près de 3
 siècles.

 \item \textbf{1790} : Loi sur le \textsl{copyright} décrété par les
 États-Unis.  Un an plus tard l'assemblée révolutionnaire française
 vota deux décrets :
 \begin{itemize}
 \item Le premier concernait le droit de représentation des spectacles.
 \item le deuxième adoptait les termes de la \textsl{propriété
 littéraire et artistique} et annonçait ce qui deviendrait la base de la
 législation française.(1793) \textit{<< Les auteurs d'écrits en tout
 genre, les compositeurs, les peintres, les dessinateurs qui font
 graver des tableaux et dessins jouiront leur vie entière du droit
 exclusif de vendre, faire vendre, distribuer leurs ouvrages dans tout
 le territoire de la République et d'en céder la propriété en tout ou
 partie. >>}
 \end{itemize}

 Par ailleurs l'article 2 de la loi étendit aux héritiers un même droit
 durant l'espace de 10 ans après la mort des auteurs.  En 1866 en
 France, on prolongea le droit \textsl{post mortem} à 50 ans, terme au
 delà duquel l'oeuvre tombe dans le domaine public.  De plus en 1902 il
 est établit qu'une oeuvre est protégée quel que soit son mérite ou sa
 destination, aucun critères esthétique ou autre n'étant opposable.

 \item \textbf{1886} La France adhère à la convention de Berne avec la
 Suisse, Belgique, Luxembourg, Canada. L'objet de cette convention
 consistait à étendre la protection du droit d'auteur sur le plan
 international en se substituant aux premiers accords bilatéraux d'état
 à état.
 \end{itemize}

 Au début du XXème siècle, l'expansion des traductions, reproduction
 amplifiée des photographies en simili-gravure, puis, ultérieurement
 l'apparition du cinéma, du disque, de la radio, et de la télévision
 devaient rendre plus complexe la tâche des tribunaux. C'est pour cela
 qu'est apparu une nouvelle loi française en 1957 sur la propriété
 littéraire et artistique. Ce fut une étape décisive mais cependant
 temporaire puisque le législateur ne pouvait pas prévoir une telle
 expansion de la technologie. Comme le résume Claude Colombet:
 \textit{<< on ne pouvait prévoir ni la multiplication des oeuvres
 audiovisuelles, ni le développement du câble, du satellite et de
 l'informatique, ni le danger de la photocopie de masse.>>} 

 La loi du 3 juillet 1985 pallia à certains de ces
 manques. Aujourd'hui on regroupe, depuis 1992 sous le titre Code de
 la Propriété Intellectuelle (CPI) un ensemble de textes législatifs
 codifiés.




 \subsection{Quelques définitions tirées du dictionnaire \textsl{le
 petit Larousse}.} 

 \begin{itemize}
 \item \textbf{Propriété artistique et littéraire }: droit exclusif
 d'un artiste ou d'un écrivain (et de ses héritiers) de tirer un revenu
 sur l'exploitation de son oeuvre.

 \item \textbf{Brevet d'invention }: titre que le gouvernement délivre
 à celui qui se déclare l'auteur d'une invention d'ordre industriel,
 pour lui en assurer l'exploitation exclusive pendant un certain
 nombres d'années.

 \item \textbf{Copyright }: Droit exclusif pour un auteur ou son
 éditeur d'exploiter pendant plusieurs années une oeuvre littéraire,
 artistique ou scientifique. 

 \item \textbf{Licence }: Permission accordée par les pouvoirs publics
 en vue de l'exercice de certaines professions, ainsi que pour
 l'importation ou l'exportation de divers produits; autorisation
 d'exploiter des brevets. 

 \item \textbf{Droit d'auteur }: Droit exclusif d'exploitation reconnu
 à quiconque sur toute création originale manifestant sa personnalité,
 qu'il s'agisse de lettres, de sciences ou d'art. 

 \item \textbf{Tomber dans le domaine public }: se dit d'une production
 littéraire ou artistique qui, après un temps déterminé, peut-être,
 sans droit d'auteur, reproduite et vendue par tout le monde.
 \end{itemize}

 Les droits patrimoniaux \textsl{post mortem} sont de :
 \begin{itemize}
 \item 70 ans pour les compositions musicales
 \item 25 ans pour les logiciels
 \item 50 ans pour le reste
 \end{itemize}


 Les notions fondamentales à distinguer ici sont les suivantes:
 L'auteur d'une oeuvre de l'esprit (livre, morceau de musique, tableau,
 programme informatique ou film) est propriétaire de cette oeuvre, et
 en tant que tel, peut décider de la protéger à l'aide d'un
 \textsl{copyright}. Ce copyright lui permet de contrôler la
 distribution de son oeuvre. 

 Il est possible d'associer à ce copyright une \textsl{licence}, qui
 peut éventuellement être cédée contre rémunération. Cette licence
 dicte les conditions d'utilisation de l'oeuvre. Ceci est très courant
 dans le domaine de l'informatique, mais peut être étendu à d'autres,
 comme nous le verrons avec la FMP. Les licences sont typiquement
 employées pour défendre les droits du propriétaire de l'oeuvre, mais
 elles sont parfois utilisées pour protéger l'utilisateur final, comme
 c'est le cas pour les logiciels libres.



 \subsection{ Le code de la propriété intellectuelle}

 Le principe fondamental du CPI est le suivant: \textit{<< L'auteur d'une
 oeuvre de l'esprit jouit sur cette oeuvre, du seul fait de sa
 création, d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à
 tous. Ce droit comporte des attributs d'ordre intellectuel et moral
 ainsi que des attributs d'ordre patrimonial. >>}

 Reportons nous à la première partie de l'article :
 \begin{itemize}

 \item Il affirme que la seule existence de l'oeuvre, même inachevé et
 non divulguée et indépendamment de toute formalité d'enregistrement,
 implique la reconnaissance du droit d'auteur. En faîte en France, si
 rien n'est mentionné alors l'oeuvre appartient automatiquement du
 domaine privé. Au \'Etat-Unis au contraire, pour qu'une oeuvre
 appartienne au domaine privé il faut y porter la mention
 \textsl{<<copyright>>} en toutes lettres.

 \item L'oeuvre est dite protégeable dès lors qu'elle est l'empreinte
 de la personnalité de son créateur, ce qui suppose que l'oeuvre est
 pris forme. Seule la composition et l'expression sont protégées par
 le droit d'auteur, à l'exception des idées qui sont de libre
 parcours.  Tous les domaines de l'écrit et de l'oral
 (conférences, allocutions) ainsi que les spectacles, compositions
 musicales avec ou sans paroles, de la photographie, cinématographie,
 l'audiovisuel, peinture, dessins ainsi que plus récemment les
 logiciels sont protégeables.  Le sont également les industries
 saisonnières de l'habillement et de la parure, qui en raison des
 exigences de la mode renouvellent fréquemment la forme de leur
 produits, et peuvent relever du CPI.  

 \end{itemize}

 <<\textit{ la qualité d'auteur appartient sauf preuve contraire, à
 celui ou à ceux sous le nom de qui l'oeuvre est divulgué. }>> 

 Indépendamment de cette disposition, divers cas particulier sont
 recensés dans le CPI.  On peut citer l'exemple des oeuvres
 audiovisuelles, qui sont des oeuvres de collaboration par nature.
 elle est de la propriété commune des auteurs du scénario, de
 l'adaptation, du texte parlé, des compositions musicales avec ou sans
 paroles et du réalisateur. Est également considéré comme coauteur de
 l'oeuvre audiovisuelle, mais avec des droits supérieurs, l'auteur
 d'une oeuvre adapté (romans ou scénario préexistant) qui n'est pas
 tombée dans le domaine public.  

 Tirer un profit pécuniaire est un droit accordé à l'auteur, qui peut
 prétendre à une rémunération pour toute forme d'exploitation de son
 oeuvre.  Toutefois l'auteur ne pourra s'opposer à :

 \begin{itemize}
 \item des représentations privées ou gratuites de son oeuvre ou à des
 reproductions réservées à l'usage privé du copiste. 
 \item une parodie ou à une caricature de son oeuvre.
 \item des revues de presse,des analyses ou de courtes citation
 effectuées dans un cadre critique, polémique, pédagogique, 
 scientifique ou d'information
 \end{itemize}

 dès lors que son nom et la source auront été cités.


 Le CPI traite enfin de la rémunération pour copie privée que
 l'extension du magnétophone et du magnétoscope a rendu nécessaire pour
 protéger les droits des auteurs et ceux des artistes-interprètes.  Il
 existe donc une redevance sur toutes les bandes magnétiques, versée
 par le fabriquant ou l'importateur. Son taux et sa modalité de
 versement sont fixés par une commission.

 \subsection{ Que sont la SACEM et la RIAA ?}

 Ce sont des sociétés de perception et de répartition des droits des
 auteurs, des artistes-interprètes et des producteurs, auxquelles ces
 derniers peuvent librement adhérer. Elles ont pour charge de défendre
 les intérêts de leurs membres, d'assurer le contrôle et la diffusion
 de leurs oeuvres, de recouvrer certains de leurs droits et d'en
 assurer la répartition.

 \begin{itemize}
 \item SACEM pour les auteurs compositeurs d'oeuvres musicales.
 \item La société des gens de lettres pour les écrivains.
 \item ADAGP ou SPADEM pour les oeuvres visuelles et plastiques.
 \item ADAMI et SPEDIDAME pour les artistes-interprètes.
 \item RIAA \textsl{Recording Industry Association of America},
 syndicat des éditeurs de musique. 
 \end{itemize}

 Afin de simplifier les procédures, les auteurs ont opté pour la
 gestion collective de leur droits, et ce depuis la fin du XIX$^{\`eme}$
 siècle, quand le problème de la reproduction des oeuvres
 (photos,cinéma) a commencé à se poser. 

 Créée en 1851, la société des auteurs, compositeurs, et éditeurs de
 musique (SACEM) est aujourd'hui attaquée sur son passé. En effet il y
 eu une polémique sur la répartition des droits d'auteurs juifs pendant
 la seconde guerre mondiale. Elle a également été violemment critiquée
 pour son opacité de gestion et sa situation de monopole en France.
 Sanctionnées par l'assemblée nationale en juin 2000, les sociétés du
 droit d'auteur seront désormais soumises au contrôle d'une commission
 compétente, sensé mettre un terme aux zones d'ombre de leur
 comptabilité. Elles devront notamment répondre à la question des
 sommes non attribuées, dites \textsl{irrépartissables} ( adresses
 inconnues, auteurs originaires d'un pays n'ayant ratifié aucune
 convention, droits non réclamés, oeuvres du domaine public,
 etc..). Ces sociétés ont fort mal réagi à ces sanctions.

 Est-il admissible qu'une partie des droits (les irrépartissables) soit
 redistribuée au prorata des droits touché, ce qui signifie que les
 gros bénéficiaires, auteurs de succès populaire... en touchent la
 majeure partie, au détriment des petits sociétaires?

 Par ailleurs, fin juin 2000, 5 sociétés d'auteurs (BMI américaine, GEMA
 allemande, SACEM, SGAE espagnole, SIAE italienne), représentant 38\% des
 perceptions mondiales, soit 1.8 milliard d'euro par an, ont créé
 \textsl{Fast Track}, base de donnée commune d'oeuvres musicales. Cela
 suffira-t-il à éviter la mort des sociétés de perception des droits
 d'auteur?


 \subsection*{Conclusion}

 La propriété intellectuelle ainsi décrite est donc le fruit de 300 ans
 d'histoire. Elle a évolué pour mieux protéger les auteurs, dans un
 cadre où la reproduction des oeuvres était un travail de spécialiste,
 nécessairement centralisé. Nous allons maintenant aborder les
 évolutions des techniques d'enregistrement et de reproduction de ces
 oeuvres, afin de déterminer si ce prédicat est toujours valable.


 \section{L'apparition des NTIC}


 \subsection{La diffusion de textes}

 Ironiquement, la photocopieuse, a été inventée pour simplifier la
 protection des dessins et peintures. En effet, pour pouvoir justifier
 de la création d'une oeuvre d'art, il était courant pour les
 dessinateurs américains de la déposer à la librairie du congrès. Mais
 cela exigeait d'eux qu'ils fasse une copie minutieuse de chaque
 dessin. La photocopieuse devait permettre de faciliter cette copie.

 En 1984, on comptait environs 400\,000 photocopieurs sur le territoire
 français. Aujourd'hui, ils sont au nombre de 1\,200\,000. Les éditeurs
 estiment à 10\% le pourcentage de copies ne respectant pas les droits
 d'auteur, ce qui représente environs 10\% du marché du livre. Dans les
 domaines de la presse universitaire et scientifique, ce pourcentage
 monte à 30\%. 

 Les pratiques ayant les conséquences les plus lourdes sont la copie de
 livres entiers, et la copie répétitive par les professeurs de quelques
 pages d'un livre pour toute une classe. Ces pratiques, appelées
 \textsl{photocopillage}, ont largement contribué à réduire le nombre
 de livres vendus. Les auteurs ne sont plus justement rémunérés, et le
 marché des éditeurs et libraires diminue en proportion (par exemple,
 la librairie Decitres du Double Mixte a été fermée il y a un an).

 Il est important de préciser que si les auteurs ont une excuse légale
 pour exiger le respect de la propriété intellectuelle, il n'en va pas
 de même pour les éditeurs et libraires. En effet, si les NTIC rendent
 leur métier obsolète, il n'est pas légitime de les maintenir
 artificiellement en vie.

 \subsection{L'enregistrement de la musique}


 En 1877 Charles Cros , savant et poète français, imagine un système
 capable d'enregistrer le son sur un disque ou un cylindre. Quelques
 mois après lui, l'américain Thomas Alva Edison le réalise et le fait
 breveter en 1878. Son système, appelé phonographe, fonctionne avec un
 cylindre de cire gravé et manipulé à la main.

 En 1888, Émile Berliner fabrique le gramophone. Ce système utilise un
 disque plat sur lequel le son est gravé selon une spirale.  En 1935,
 BASF et AEG Telefunken produisent le premier une bande magnétique
 plastique, et le second le magnétophone. Cette machine permet
 d'enregistrer le son et de le reproduire aussitôt.

 Bientôt vint au monde la cassette à bande magnétique, qui fonctionnait
 grâce à l'électromagnétisme. Pour enregistrer, on envoyait un courant
 électrique, ce qui produisait un champ magnétique sur la bande. Pour
 lire la cassette, il suffisait de faire l'inverse. La cassette offrait
 une meilleure qualité de son et était effaçable et ré-enregistrable.

 Progressivement, le système s'est amélioré. L'égalisation du son a
 permis un meilleur équilibre des fréquences. Au fur et à mesure que
 l'on a apprit à fabriquer des têtes de lecture magnétiques de plus en
 plus petites, on a réduit la largeur de la bande ou augmenté le
 nombre de pistes. Philips a mis au point la cassette compacte en
 1964. Très vastement démocratisée, elle permettait de réaliser des
 copies pirates d'oeuvres musicales à l'échelle individuelle, mais les
 copies successives détérioraient la qualité de l'enregistrement.


 En 1970 apparut la digitalisation, qui permettait enfin de faire des
 copies parfaites, et le DAT, ou Digital Audio Tape, vit le
 jour. C'était une cassette sur laquelle on enregistrait des données
 binaires. Elle offrait une meilleure qualité de son, mais elle n'était
 pas effaçable. Ainsi elle ne remplaça pas la cassette audio. Mais
 aujourd'hui, le système DAT a été amélioré, il peut être enregistré
 plusieurs fois. Le format DAT est devenu un standard pour les
 professionnels du son. Il offre une qualité supérieure à celle du CD
 audio. Malheureusement, un taxe est imposé sur les cassettes et
 lecteurs DAT, ce qui le rend peu abordable pour les utilisateurs
 normaux. De plus, sous la pression de la RIAA, les lecteurs de DAT ont
 été bridés pour empêcher la réalisation de copies parfaites. Ainsi,
 le DAT n'a pas connu le succès attendu auprès du grand public.

 Au début des années 1980, des laboratoires de Philips et Sony,
 apparaissait le disque compact.  Sur le disque compact, l'information
 est stockée sous forme de minuscules cuvettes, trous creusés dans une
 couche photosensible de cianine préservée par une couche de plastique
 transparent. Le CD surpasse les anciens disques et la cassette à
 enregistrement analogique. Il se démarque par sa qualité de son plus
 uniforme et sa plus grande fréquence d'échantillonage. Dans un
 premier temps, il est resté impossible pour les particuliers
 d'enregistrer de tels CD.

 Cependant, avec le développement de l'informatique, le CD est
 également devenu un support de choix pour le stockage et la
 distribution d'informations à grande échelle. Depuis cinq ans, des
 périphériques informatiques permettant de produire des CD à l'unité se
 sont progressivement démocratisés, permettant ainsi le développement
 massif du piratage réalisé à l'échelle individuelle.


 Sony a inventé en 1992 le MiniDisc, un disque très compact ( 6,35 cm
 de diamètre), qui permet d'enregistrer jusqu'à 75 minutes de
 musique. Ré-enregistrable, il était destiné à remplacer les cassettes
 compactes. Mais il n'a jamais atteint ce degré de popularité,
 probablement à cause du prix prohibitif des supports et des lecteurs
 (également à cause d'une taxe destinée à compenser le manque à
 gagner des éditeurs, ou peut-être des auteurs.)

 Les ordinateurs sont probablement l'étape la plus importante de
 l'évolution des NTIC. En effet, avec la démocratisation d'ordinateurs
 personnels, il est maintenant possible d'échanger toute information
 pour peu qu'elle aie été numérisée au préalable (et dans des volumes
 dont la croissance est exponentielle avec le temps).

 Le MP3 est un format de fichier son compressé. L'intérêt principal de
 ce format est de pouvoir stocker sur un ordinateur des morceaux de
 musique de qualité CD sous forme de fichiers de taille
 raisonnable. Grâce à cette compression, un titre de 4 minutes occupe
 environ 3,7 mégaoctets sur le disque dur, là où un fichier son
 classique prendrait 40 mégaoctets, et cela sans perte notoire de
 qualité pour une oreille humaine moyenne. Depuis environ 3 ans, le mp3
 a pris une ampleur extraordinaire dans le monde d'Internet, si bien
 que le mot "mp3" se trouve dans le hit-parade des 5 mots les plus
 tapés dans les moteurs de recherche. Malheureusement, cet essor est en
 partie dû à la facilité qu'il procure à reproduire et à distribuer de
 la musique de manière illégale, et à très grande échelle grâce à
 Internet.


 \subsection{ La Vidéo }


 Le cinéma a été inventé par les frères Lumières en 1895. La télévision
 a ensuite fait son apparition, d'abord en noir et blanc, puis en
 couleur en 1966 en France. Dès l'apparition de la télévision, le
 besoin d'un moyen de reproduction immédiate des programmes s'est fait
 sentir. D'abord enregistrés sur bandes magnétiques dans un format
 analogique, les films ont plus récemment été numérisés, avec
 l'apparition des VCD puis des DVD, qui offrent une meilleur qualité
 d'image. 

 Toutes ces nouvelles technologies se sont rapidement démocratisées,
 rendant ainsi accessible au grand public une palette de nouvelles
 activités créatives, mais aussi les moyens techniques nécessaires au
 piratage, à petite échelle, de créations audiovisuelles.

 \subsubsection{Apparition du DVD}

 En 1994, Philips et Sony proposèrent un premier format destiné à la
 vidéo. Son principal avantage par rapport au CD est sa capacité de
 stockage de données bien plus importante. A terme, le DVD est amené à
 remplacer tous les autres supports (cassettes, laser disc, CD).

 Le DVD vidéo a une capacité qui lui permet de contenir en une ou deux
 faces un film dans sa version originale, mais aussi de proposer des
 bandes sonores et des sous-titrage en plusieurs langues, ainsi que des
 angles de vue différente, le tout avec une qualité vidéo et audio
 meilleure que le Laser Disc et sans commune mesure avec les cassettes
 VHS. Le DVD vidéo représente sans doute la déclinaison du DVD qui
 suscite le plus d'intérêt auprès du grand public puisqu'il intéresse
 toute la famille.

 \subsubsection{DVD et partition du monde}

 Les dates optimale de sortie de nouveaux films ne sont pas les mêmes
 dans les différentes régions du monde. Aux \'Etats-Unis, par exemple,
 un nouveau film aura plus de succès à la fin de l'année scolaire,
 alors qu'en France, il est préférable de le sortir en
 septembre. Malheureusement, s'il est diffusé de manière parallèle
 pendant l'été  (par des consommateurs le commandant par exemple aux
 États-Unis, et ce en toute légalité), il perd de la valeur au moment
 de sa sortie.

 Afin de garder le contrôle du marché, et pour limiter le piratage, les
 majors hollywoodiens ont partitionné le monde en 6 zones, et ont doté
 DVD et lecteurs d'un système d'encryption (le DeCSS) empêchant un
 lecteur acheté dans une zone de lire les DVD édités dans une autre.

 Le monde a été ainsi découpé:
 \begin{itemize}
 \item zone 1 : \'Etats-Unis et Canada
 \item zone 2 : Europe, Japon, Afrique du Sud, Moyen-Orient
 \item zone 3 : Asie de l'est et du sud-est, Hong-Kong
 \item zone 4 : Australie, Nouvelle-Zélande, Amériques centrale et du sud
 \item zone 5 : Afrique, continent indien et ex-URSS
 \item zone 6 : Chine
 \end{itemize}

 D'autres méthodes ont été mises en oeuvre pour éviter le piratage,
 comme un mécanisme permettant d'ajouter au signal vidéo un signal
 anti-copie qui permet d'altérer fortement l'image.

 Ici on voit que pour diminuer le piratage, on a mis en oeuvre des
 moyens techniques pour empêcher la copie.  Mais certain de ses moyens
 sont facile à contourner, en effet des sites Internet proposent des
 lecteurs modifiés ou une méthode pour débrider les lecteurs  de DVD.

 Nous savons très bien qu'il y aura toujours des petits malins pour
 contourner la technologie.  

 \subsubsection{La diffusion par Internet}

 Un nouveau format de séquences vidéo compressées a récemment fait son
 apparition : c'est le DIVX. Ce nouveau format très similaire
 conceptuellement au mp3 permet de compresser les séquences extraites
 d'un DVD vidéo à 10\% à 20\% de leur taille originale sans pour autant
 sacrifier leur qualité. Grâce au DIVX, il est désormais possible de
 convertir des séquences vidéo en fichiers de taille réduite et de les
 échanger via Internet. Ce nouveau format est très à la mode, et tout
 comme pour la musique, on va voir apparaître des logiciels d'échange de
 fichiers de type Napster.

 \subsection{Internet}

 Vaste regroupement de réseaux d'ordinateurs qui échangent de
 l'information par le biais d'une suite de protocoles de réseau appelée
 TCP/IP. IL a été créé en 1969. A la fin de l'année 90, son accès à été
 ouvert au public. Sa grande particularité est d'être totalement
 décentralisé, ce qui permet à n'importe quel utilisateur de publier
 très facilement des informations (textes, musique, et maintenant même
 séquences vidéo) qui deviennent accessibles à tous. L'absence de
 centralisation, l'incommensurable quantité d'informations disponibles
 et l'aspect totalement international de ce réseau rendent impossible
 tout effort de censure.

 \subsubsection{Le projet Gutenberg}

 En 1971, Michael Hart reçoit un compte sur un ordinateur de l'époque,
 avec pour \$100\,000\,000 de temps processeur. Ceci était dû à un heureux
 concours de circonstances: il y avait à l'époque abondance de temps
 processeur, et les heures supplémentaires étaient distribuées aux
 administrateurs pour qu'ils améliorent leurs compétences.

 Il décida alors de faire quelque chose d'utile pour <<repayer>> ce
 cadeau, et commença par saisir et distribuer sur Internet la
 déclaration d'indépendance des \'Etats-Unis. Depuis, le projet
 Gutenberg a rassemblé des versions informatiques d'un grand nombre de
 textes, principalement des classiques de la littérature. Ils sont
 diffusés librement sur Internet, et rendus accessibles grâce au
 travail de bénévoles.

 Le problème est que le lobbying des éditeurs à conduit à l'allongement
 périodique de la durée d'application des droits d'auteurs, ce qui
 fait qu'un grand nombre d'ouvrages publiés après 1923 aux États-Unis
 ne sont pas encore tombés dans le domaine publique.

 \subsubsection{Nupedia}

 Ce projet relativement récent a été initié face au constat que malgré
 les incroyables opportunités qu'offre Internet, il ne s'est jamais
 transformé en l'encyclopédie géante que l'on attendait. Le projet
 Nupedia vise à mettre en ligne à la disposition de tous, une
 encyclopédie développée de manière collaborative.

 Les professeurs, chercheurs, étudiants, et autres passionnés
 sont invités à contribuer des articles sur le sujet de leur choix, ou
 à traduire les articles existants dans d'autres langues.

 Parallèlement, un autre projet a été démarré: GNE (GNE's Not an
 Encyclopedia) fait partie du projet GNU. Son fonctionnement est
 similaire, mais les articles proposés ne sont pas édités ni
 censurés. Il n'existe pas un unique index pour GNE, mais les personnes
 intéressées sont invitées à proposer chacune le leur. Ainsi, plusieurs
 index, avec chacun ses propres critères de sélection et sa
 philosophie, peuvent coexister.

 \subsubsection{Napster}

 Napster, créé en 1999 par un étudiant de dix-huit ans, Shawn Fanning,
 fait figure d'épouvantail pour l'industrie du disque. Le produit, qui
 comptait 15 millions d'utilisateurs dans le monde au mois de mai en
 revendique aujourd'hui 38 millions. Napster est un système permettant
 d'échanger facilement des morceaux de musique entre utilisateurs
 individuels (\textsl{peer-to-peer}); mais il est manifeste que ce
 système a été développé exclusivement dans le but de faciliter le
 piratage de morceaux connus, plutôt que d'encourager la découverte par
 les auditeurs d'auteurs inconnue et éventuellement de musique libre de
 droit. En permettant la diffusion de musique contre l'avis des
 auteurs, Napster a connu une courte mais glorieuse existence. Fort de
 la publicité qu'il s'est ainsi créée, il est en passe de devenir un
 système payant, probablement très lucratif pour ses auteurs.

 \subsubsection{Gnutella}
 Gnutella est un logiciel qui permet d'échanger des fichiers
 d'ordinateur à ordinateur sans même passer par un serveur central. Le
 développement officiel du logiciel a été stoppé, mais des versions
 plus récentes, développées par des bénévoles sont disponibles. Il est
 mieux conçu, et plus général que Napster, il permet d'échanger non
 seulement les MP3 mais aussi toutes sortes de fichiers.  Contrairement
 à Napster, il n'a pas pour vocation première le piratage, bien qu'il
 puisse agir comme un puissant catalyseur, en particulier auprès des
 anciens utilisateurs de Napster frustrés par sa réorientation.


 \subsubsection{Freenet}

 Le logiciel Freenet, développé par Ian Clarke, un allemand de
 vingt-deux ans, pousse à l'extrême l'anonymat et l'impossibilité de
 censurer sur Internet. Construit entièrement sur la cryptographie
 forte, sur des algorithmes avancés de relocalisation et de mirroring
 des documents, c'est un projet d'avant-garde sur le plan
 technologique. Freenet est un système de stockage distribué de
 l'information créé de telle sorte qu'il soit impossible de dire sur
 quels ordinateurs se trouve un document donné, ou même pour le
 propriétaire d'un serveur de savoir quels documents sont stockés sur
 son propre ordinateur. Une fois posté, il est absolument impossible
 de supprimer un document, même pour l'auteur.


 \subsection*{Conclusion}
 Les nouvelles technologies de l'information et de la communication,
 sous la forme de nouvelles inventions, ont permis de décennie en
 décennie une reproduction de plus en plus aisée, de plus en plus
 parfaite et de moins en plus coûteuse de l'information. Ces
 technologies culminent aujourd'hui avec la démocratisation d'Internet,
 et la possibilité d'échanger à un coût presque nul de gros volumes
 d'information, à l'échelle de la planète. 

 Le plus gros problème de ces technologies est qu'elles n'enforcent pas
 le respect de la propriété intellectuelle de l'auteur des documents
 qu'elles permettent de diffuser. Ainsi, il est nécessaire soit de
 libérer l'information en créant d'énormes quantités de documents dont
 la distribution est libre (Internet permet aussi ça) soit de brider la
 technologie pour maintenir de force un système de contrôle permettant
 de garantir le respect des droits d'auteurs. Ces deux solutions seront
 envisagées dans la partie suivante.



 \section{La libération de l'information}

 Nous avons vu que les mécanismes de protection de la propriété
 intellectuelle se heurtent à leurs propres limites, avec l'apparition
 et la démocratisation de nouvelles technologies qui permettent à tout
 un chacun de diffuser de plus en plus facilement, et à une audience de
 plus en plus vaste, des oeuvres de l'esprit (musique, texte, films, ou
 programmes informatiques). Nous allons maintenant décrire les deux
 tendances principales de l'évolution de la législation et des
 comportements pour faire face à ces évolutions techniques. La première
 consiste à accepter cette plus grande diffusion de l'information, et
 de la culture, comme un progrès au service de l'humanité. La seconde
 consiste à tenter de les brider afin de limiter leurs effets sur la
 rémunération des auteurs et sur l'industrie de la publication.

 \subsection*{Introduction}

 Franklin ( 1706-1790 Américain ) a dit que l'information doit être
 libre, c'est pourquoi il a créé les bibliothèques en 1731. Il a écrit
 : \textit{<<These libraries have improved the general conversation of the
 Americans, made the common tradesmen and farmers as intelligent as
 most gentlemen from other countries, and perhaps have contributed in
 some degree to the stand so generally made throughout the colonies in
 defense of their privileges.>>}

 \subsection{Les livres libres }

 Prenons l'exemple de l'édition des manuels scolaires, on s'apperçoit
 qu'un cercle vicieux existé. Étant donné que les livres a vendre dans
 les grandes magasins ont souvent un prix assez élevé, les étudiants
 préfèrent toujours acheter des livres d'occasion ou  bien les
 télécharger d'Internet et les imprimer, même si, eux, personnellement
 ils aimeraient vraiment avoir les livres neufs et bien reliés. Ceci a
 évidemment provoqué la réduction des ventes. 

 Pour tuer le marché de l'occasion, les éditeurs sont obligés de publier
 régulièrement de nouvelles éditions en ajoutant un peu de contenu, ce qui
 introduit une différence non négligeable entre les différentes
 éditions. Ainsi, il devient peu pratique d'utiliser dans la même
 classe deux éditions différentes du même livre. Comme des nouveautés
 ont été ajoutées, le prix va sûrement augmenter. Ceci boucle le cercle
 vicieux.  Le résultat final est qu'aujourd'hui le prix des livres
 plafonne.

 L'idée du livre libre est donc apparu comme étant une solution du
 problème précédant.

 Il y a déjà des exemples réussis dans ce domaine là.
 \textsl{Biophysics Textbook On-Line} (\textsl{BTOL}, Auteur principal:
 Louis J. DeFelice ) est un livre de biologie dont chaque chapitre est
 écrit par un auteur différent. Ce qui est remarquable est que leur
 travail est organisé selon un modèle collaboratif. Les auteurs ont des
 réunions régulières, des \textsl{newsletters}, etc...


 \subsection{La musique libre}

 Penchons-nous maintenant sur le problème de la musique.

 L'idée de la \textsl{FMP} (\textsl{Free Music Phylosophy})
 est que la création et la copie de la musique ne devraient pas être
 restreintes. \textsl{Free} est un terme pour mentionner la liberté plutôt
 que le prix. Concrètement, \textsl{Free} ne veut pas dire que les musiciens
 ne peut pas vendre leur cassettes, CDs ou DATs. Sachant que les
 oeuvres musicales ont bien sûr une valeur, elles peuvent être vendues,
et parallèlement  copiées et distribuées librement. Autrement dit, le
 droit de copie et d'utilisation doit être libre.

 On se demande alors si la libération va menacer la vie des musiciens
 qui vivent sur leurs oeuvres. La réponse est non. En réalité, le
 revenu des musiciens provient de ressources variées : La vente de leur
 CDs ou cassettes, les tickets de concert, les produit dérivés (
 T-shirts ), royalties de radios...

 En plus, la libération de la diffusion va faire connaître la musique à
 un très vaste auditoire, ce qui présente un gros avantage pour les
 musiciens. Le chanteur Andre Matos (soliste de la bande Brésilienne de
 melodic-power-speed metal \textsl{Angra}) a dit: \textit{ << My sincere opinion is that
 people who want to listen to the music will buy the [official]
 record. Everyone who buys the bootleg will have a record. That's a
 problem for the record labels but it's a big advertisement for the
 band. We're not looking for money, but we're looking for an
 opportunity to make our work grow and give it exposure. >> }


 Pour conclure, revenons au terme \textsl{<<liberté>>}.  Le savoir, les idées
 devraient être le patrimoine de l'humanité, libres comme l'air, libres
 comme l'eau, libres comme la connaissance. Le développent de la
 société humain a besoin de la collaboration, la générosité et surtout
 de volontaires.

 Les idées appartiennent à l'humanité. 

 \subsection{Le \textsl{Street Performers Protocole}}

 Le protocole de l'artiste de rue ( SPP ) a été imaginé par deux
 chercheurs en 1999 par deux chercheurs en cryptographie. Il tente de
 pallier aux difficultés de contrôle des copies en proposant un modèle
 de rétribution des auteurs basé sur la libre diffusion de leurs
 oeuvres.

 L'idée fondamentale est de faire appel à un tiers de
 confiance. L'auteur voulant publier un ouvrage fixe un prix à partir
 duquel il accepte que son travail soit librement diffusé. Il le confie
 alors au tiers de confiance, qui publie, par exemple, les deux
 premiers chapitres. Les lecteurs intéressés sont encouragés à faire
 des promesses de don. Une fois le prix atteint, les dons sont
 effectués, l'auteur est rétribué, et son travail devient accessible à
 tous, y compris à ceux qui n'ont rien payé. Ainsi, il devient réaliste
 d'encourager la diffusion de l'information tout en rémunérant les
 auteurs.

 \subsection{Les micropaiements}

 Des approches similaires ont été proposées, en faisant appel à la
 générosité populaire. En permettant à un auditeur de donner facilement
 1F à l'artiste dont il écoute la musique (copiée librement), il est
 envisageable pour des musiciens de vivre sur la charité
 populaire.

 Il est à noter que souvent, les coûts de publication d'ouvrages sur
 papier, ou de distribution de musique sur CD, sont prohibitifs. Sur un
 CD vendu 150F, il est rare que l'artiste touche plus de 2 ou 3 francs. Le
 principe des micropaiements permettrait de garantir aux auteurs des
 revenus honorables, en assurant une diffusion maximale de leur
 travail.

 Stephen King a récemment tenté l'expérience en publiant un livre sur
 Internet, et en demandant aux lecteurs de payer de leur plein gré. Le
 résultat est un succès partiel. D'autres expériences similaires
 seront tentées à l'avenir.

 De manière similaire, on pourrait imaginer la mise en place d'une
 \textsl{taxe culturelle} permettant de faire vivre les créateurs. Mais
 se poserait alors la question de la répartition de cette taxe. L'idéal
 serait de favoriser les auteurs ayant peu de diffusion, plutôt que
 d'opérer une distribution proportionnelle, afin d'éviter le phénomène
 de super-star, qui n'apporte pas grand-chose à la richesse
 culturelle. Si cette répartition se fait avec autant d'impartialité
 que la répartition des droits par la SACEM, il vaut peut-être mieux en
 abandonner l'idée.

 La taxe sur les CD vierges (la \textsl{Tascataxe}) aurait pu devenir
 une telle taxe; malheureusement, elle a plus été construite pour
 rétribuer les éditeurs de musique que pour encourager la production
 culturelle. Par exemple, la diffusion de musique protégée sur un
 support taxé n'autorise pas cette diffusion pour autant.

 \subsection{Les logiciels libres}

 Le mouvement des logiciels libres est un mouvement précurseur parmi
 les mouvements de libération de l'information, probablement parce que
 le contrôle de la propriété intellectuelle des logiciels un phénomène
 très récent (début des années 70).  On peut rattacher ce mouvement à
 la culture Hacker telle qu'elle est décrite dans les ouvrages de Eric
 Raymond.

 \subsubsection{Définition}

 On définit aujourd'hui un logiciel libre selon quatre critères:
 \begin{itemize}
 \item la liberté d'utilisation, par tout-un-chacun, sans restriction
 et à n'importe quel but, de ce logiciel;
 \item la liberté de distribution de ce logiciel;
 \item la liberté de modifier, ou d'étudier le logiciel en question, ou
 d'en reprendre des morceaux pour les utiliser dans un autre
 logiciel. Cela implique qu'il soit distribué  sous une forme
 permettant sa modification aisée (code source);
 \item la liberté de redistribuer le logiciel après modification, pour
 peu que l'on fasse référence au travail original.
 \end{itemize}

 Concrètement, un logiciel libre est typiquement protégé par une
 licence qui, au lieu de protéger l'auteur, garantit certains droits à
 l'utilisateur. 

 Les logiciels libres sont de plus en plus visibles dans le monde de
 l'informatique. En effet, ils replacent graduellement les logiciels
 propriétaires dans les domaines les plus courants de
 l'informatique. Par exemple, toute l'infrastructure d'Internet est
 bâtie sur des logiciels libres. 

 \subsubsection{le modèle de développement collaboratif}

 Les logiciels libres sont caractérisés par leur \textsl{modèle de
 développement collaboratif}, déjà évoqué plus haut. Il s'agit d'un
 modèle où les personnes contribuant à un projet ne sont que très peu
 liées. Le projet en cours est distribué sur Internet, capot ouvert,
 pour que chacun puisse y apporter ses modifications. Ces modifications
 sont souvent petites et nombreuses, proposées par un grand nombre de
 personnes. \textit{<<given enough eyeballs, all bugs are shallow>>
 (Linux Torwalds)}.

 Un logiciel développé selon un modèle collaboratif connaît un cycle de
 développement rapide (des nouvelles versions parfois tous les jours,
 apportant chacune peu de modifications). Souvent, les logiciels
 libres sont de meilleure qualité que leurs contreparties fermées.

 \subsubsection{Comment vivent les hackers}

 Les logiciels libres ont historiquement surtout été développés par des
 bénévoles. En 1993 fut fondée la première compagnie à but lucratif
 qui développait des logiciels libres (Cygnus Software).

 Les logiciels libres peuvent rapporter de l'argent, malgré leur
 gratuité. Parmi les différents \textsl{business models} proposés,
 voici les plus importants:

 \begin{itemize}
 \item L'entreprise  a besoin d'un logiciel particulier. Comme il n'est
 pas intéressant de le vendre, il peut être diffusé librement. Certains
 outils sont ainsi repris et développés conjointement par quelques
 employés dans un grand nombre d'entreprises, qui en dépendent. C'est
 le cas de \textsl{Apache}, qui est maintenant utilisé sur 60\% des
 serveurs web sur Internet.
 \item L'entreprise donne le logiciel, et vend le service. C'est le cas
 de logiciels comme \textsl{Zope} ou de \textsl{Sendmail}, qui est
 longtemps resté incontournable dans le domaine des logiciels serveurs de
 courrier électronique.
 \item L'entreprise libère le coeur d'une application, et vend les
 outils associés (outils de développement, interfaces graphiques...) Ce
 modèle est utilisé entre autres par \textsl{Borland} dans son
 développement de \textsl{Delphi} pour Linux (\textsl{Kylix}).
 \end{itemize}

 Les logiciels libres couvrent maintenant un champ d'applications très
 large. Bien qu'ils n'en soient pas conscients, la plupart des
 utilisateurs d'ordinateurs s'en servent quotidiennement. Dans certains
 domaines, ils dominent largement leurs alternatives commerciales, et
 dans d'autres, il les ont complètement éclipsées.

 Les logiciels libres ouvrent la voie de la libération de l'information
 aux autres formes d'oeuvres de l'esprit.

 \subsection*{Conclusion}

 La libération de la propriété intellectuelle est un immense défi, qui
 s'offre à chacun des acteurs de la société. En effet, elle met dans
 nos mains la charge de créer, de diffuser, d'améliorer les oeuvres qui
 tissent notre culture et notre quotidien; mais elle nous promet en
 échange une grande abondance de telles oeuvres, qui seront en
 conséquence, de meilleure qualité. Le problème le plus important reste
 la rétribution des auteurs, mais comme nous l'avons vu, cette
 rétribution est possible. 

 \section{Comment empêcher le piratage}

 La libération de la propriété intellectuelle sera une mutation lente
 et difficile. Elle aura pour conséquence un bouleversement de certains
 secteurs économiques. De plus, elle ne découle pas naturellement de
 l'évolution passée de la propriété intellectuelle. C'est pourquoi un
 important travail a été entamé pour tenter d'endiguer la distribution
 pirate d'oeuvres de l'esprit.

 Soutenu par une industrie bien établie, ce travail a été fait dans
 deux domaines, le premier étant la création de moyens techniques
 permettant d'empêcher physiquement le piratage, le deuxième étant une
 évolution des lois qui doit faciliter la lutte contre ce piratage.

 \subsection{Les moyens techniques}

 Les moyens techniques visent à empêcher la distribution pirate de
 l'information. Leur effet de bord est souvent d'empêcher toute
 distribution d'information, au mépris de la liberté d'expression des
 auteurs d'oeuvres librement distribuables.

 Ces moyens techniques se subdivisent en deux grandes familles, dans
 lesquelles rentrent pratiquement toutes les solutions proposées.

 \subsubsection{La boîte noire}

 Cette famille de moyens  techniques  consiste à distribuer le contenu
 codé, et à s'assurer qu'il n'est possible de le décoder que dans une
 enceinte protégée impénétrable, et uniquement à l'aide d'une
 autorisation spéciale. L'exemple le plus évident est proposé par les
 décodeurs Canal+. Il faut alors permettre l'exploitation de cette
 information à l'intérieur de la boîte noire. Ceci est possible pour
 les programmes d'ordinateurs; par contre, la musique, ou le texte,
 doivent sortir de la boîte noire pour être utilisés, ce qui laisse
 toujours la possibilité à l'utilisateur d'enregistrer le contenu pour
 le diffuser ensuite.

 \subsubsection{Le marquage}

 Cette famille revient à décoder l'information à l'aide d'une clé
 personnelle, et à tisser cette clé dans l'information décodée, d'une
 manière qui la rende difficile à enlever. Ainsi, il serait possible de
 retrouver la personne qui a laissé s'échapper un morceau de musique
 protégé qui gambade follement sur Internet. On pourrait alors la
 punir de manière exemplaire, pour décourager les pirates en herbe.

 Malheureusement, cette technique pose beaucoup de problème. D'abord,
 techniquement, il est difficile de réaliser un système
 d'identification si fiable que l'on pourrait s'en servir pour
 condamner la vie d'un pirate présumé. Ensuite, il est difficile de
 marquer de manière fiable des oeuvres numérisée. 

 \subsubsection{Exemples}

 IBM a récemment annoncé le développement d'une puce capable de
 détecter si le cable vidéo d'un moniteur a été manipulé. Placée sur
 une carte vidéo, elle pourra décoder des films en garantissant qu'ils
 ne soient pas enregistrés en même temps. Le cas échéant, ils seraient
 affichés avec une qualité moindre. Ainsi, la boîte noire engloberait
 la puce et l'écran.

 L'administration Clinton avait élaboré un rapport gouvernemental
 proposant de faire de chaque ordinateur une boîte noire, en empêchant
 les utilisateurs de changer de système d'exploitation ou d'installer
 des logiciels dangereux (débogueurs, outils de développement). Il
 devenait ainsi possible de prendre un contrôle total sur la vie privée
 et sur la liberté d'expression de chaque utilisateur de l'outil
 informatique.

 De nombreuses autres propositions ont été faites, comme celles de
 Adobe, Xerox et Microsoft, qui annoncent leur intention de diffuser
 des boîtes noires permettant de lire des livres téléchargés sur
 Internet, Microsoft avec sa \textsl{plate-forme .Net} permettant de
 limiter le piratage en faisant de nos ordinateurs des boîtes noires,
 ou la RIAA qui persiste dans sa malheureuse entreprise d'imposer son
 nouveau format de musique compressé avec la \textsl{SDMI}
 (\textsl{Secure Digital Music Initiative}).

 Cependant, tant qu'il est possible de diffuser de l'information sans
 restriction, il sera probablement possible de diffuser des oeuvres
 protégées sans l'accord de l'auteur. En effet, les boîtes noires,
 aussi sûres soient-elles, ne sont pas inviolables, et un morceau de
 musique, une fois décodé, pourra être diffusé à grande
 échelle. L'apparition de groupes de \textsl{crackers} très compétents
 qui par pur défi technologique se donnaient pour tâche de pirater le
 jour même de leur sortie les logiciels protégés contre la copie, du
 temps où ces protections étaient à la mode, montre que quelle que soit
 la difficulté technique, le piratage existera.

 Le  seul moyen de l'empêcher complètement est d'empêcher la diffusion
 d'information. C'est ce dont nous approchent certaines initiatives,
 comme celle de la RIAA (qui a entamé aux \'Etats-Unis une campagne
 expérimentale de <<sensibilisation>> des  enfants dans les
 écoles). Ces initiatives tracent sous nos yeux des contre-utopies qui
 sont d'autant plus effrayantes qu'elles sont proches de nous.

 \subsection{Les moyens légaux}

 Parallèlement aux tentatives de développement de solutions
 technologiques pour empêcher le piratage, divers groupes de pression
 politiques ont tenté de faire évoluer les lois à leur avantage. Ces
 évolutions ont parfois des conséquences dramatiques, car la défense
 d'une niche économique menacée n'est pas nécessairement justifiable
 devant son coût pour la société. 

 Il est également à noter que les lois débordent d'un cadre national
 restreint. Ainsi, les lois américaines régissent une fraction non
 négligeables des oeuvres auxquelles nous européens avons accès. Le
 gouvernement français n'a plus maintenant un grand poids dans
 l'évolution de la propriété intellectuelle, car les lois sont
 uniformisées et les décisions prises à l'échelle européenne. De plus,
 les accords internationaux sont ainsi faits qu'une évolution apparue
 par exemple aux \'Etats-Unis pourra directement contraindre les
 consommateurs français.

 \subsubsection{La durée de vie des droits d'auteur}

 Les droits d'auteurs s'étendaient initialement 14 ans après la
 première publication d'une oeuvre, aux \'Etats-Unis. Ils ont
 rapidement été allongés à 28 ans, puis à 40 ans après la mort de
 l'auteur. Ainsi, rares sont les livres américains publiés après 1923
 qui sont tombés dans le domaine publique.

 Les droits d'auteur ont théoriquement pour vocation de défendre les
 auteurs, afin de les encourager à écrire et de servir la société. Mais
 leur application actuelle défend les sociétés d'édition au
 détriment de l'intérêt de la société. En effet, un livre est en
 moyenne épuisé 3 ans après sa publication. Sauf succès exceptionnel,
 il n'est pas réédité. Il devient alors impossible de l'acheter. La
 loi interdit à quiconque de le dupliquer lui-même, sauf à prendre
 contact avec l'auteur lui-même. Le travail de l'auteur est donc
 effectivement perdu jusqu'à l'expiration des droits d'auteur, plusieurs
 décennies après la mort de l'auteur.

 Évidemment, il est important de savoir si l'auteur accepte la
 diffusion de son oeuvre. Il est illégitime de publier une oeuvre
 contre la volonté de l'auteur, même après sa mort, et en ce sens,
 l'allongement de la durée de vie des droits d'auteur pourrait être
 légitime. En effet, ceux-ci expirés, l'oeuvre tombe dans le domaine
 publique. Cependant, si l'auteur ne publie pas son travail de son
 vivant, le choix de le divulguer revient à ses héritiers.

 L'allongement de la validité des droits d'auteur est donc une
 évolution voulue principalement par les éditeurs, et qui nuit
 globalement à la société en bloquant l'accès à l'information sans
 réellement protéger les auteurs.


 \subsubsection{Déposséder les auteurs}

 \textsl{<< Today I want to talk about piracy and music. What is
 piracy? Piracy is the act of stealing an artist's work without any
 intention of paying for it. I'm not talking about Napster-type
 software.\\
 I'm talking about major label recording contracts.>> Courtney Love}

 La pression politique exercée par les groupes de pression américains,
 en particulier la RIAA, sur le gouvernement, est actuellement en train
 de dégénérer de manière alarmante. En novembre 1999, grâce à une
 inavouable entourloupette, au nez et à la barbe de tout contrôle
 démocratique, la RIAA a réussi à faire valoir le fait que la musique
 écrite sous contrat par des artistes appartient aux sociétés
 éditrices. En effet, les artistes ne sont plus considérés que comme
 des employés. Ils ne possèdent plus leur musique.

 En assumant que la propriété intellectuelle d'une oeuvre de l'esprit
 revient à sont auteur, cette évolution est à l'opposé de la protection
 des droits d'auteur.

 \subsubsection{Le DMCA}

 Le \textsl{Digital Millenium Copyright Act} est une loi américaine
 depuis 1999. Elle a été fortement soutenue par la RIAA. Très
 controversée, elle ouvre la porte à de nombreuses pressions et menaces
 de procès.

 L'article 1201(g) interdit aux usagers d'analyser le fonctionnement
 d'un système de protection. Ainsi, il est impossible de produire
 légalement un lecteur de DVD sans avoir l'accord de la RIAA, car les
 DVD utilisent un algorithme d'encryption tenu secret. L'industrie du
 disque utilise ce nouveau pourvoir pour faire pression sur les
 fabriquants d'appareils audiovisuels (lecteurs ou enregistreurs de
 DVD, de DAT, fabricants de composants informatiques...)

 Ainsi, les lecteurs de DVD sont-ils bridés (ils implémentent le
 mécanisme de zones). Les graveurs de DVD pour ordinateurs personnels
 sont eux aussi bridés, et ne peuvent pas produire de DVD vidéo
 lisibles par des appareils de salon, au mépris de la liberté
 d'expression.

 Des développeurs de logiciel libre européens ont réussi à dévoiler le
 fonctionnement du DeCSS. Ils sont actuellement en procès avec la RIAA
 (américaine!) pour avoir diffusé le résultat de leur travail dans un
 logiciel libre. 

 Ce problème soulève également un problème capital, celui de la
 \textsl{sécurité par l'obscurantisme.} Cette approche assume qu'en
 tenant un système secret (carte bancaire, protocole réseau,
 algorithme d'encryption), il sera plus sûr. Ses détracteurs,
 promoteurs de la \textsl{sécurité par la transparence} démontrent
 cependant qu'un système secret ne peut pas être sûr, puisqu'il n'est
 pas validé par un suffisamment grand nombre de personnes, et que des
 personnes mal intentionnées sont toujours capables d'en exploiter les
 failles sans les dévoiler. L'expérience montre que les systèmes
 utilisant la sécurité par l'obscurantisme ont tous été attaqués avec
 succès par des pirates qui tiraient parti des failles
 découvertes. L'emploi de protocoles ouverts assure que les failles
 seront plus vite trouvées, rendues publiques et corrigées, rendant le
 système plus sûr.

 Un chercheur a été mandaté par la RIAA pour éprouver la sécurité du
 DeCSS. Il a rendu un rapport faisant état de la piètre sécurité du
 système, puis a été menacé de procès s'il rendait son rapport
 public. 

 Parallèlement, la RIAA a à plusieurs reprises proposé des concours de
 piratage de systèmes de sécurité dont les spécifications étaient
 tenues secrètes. Les gagnants étaient récompensés de prix de plusieurs
 dizaines de milliers de dollars, mais devaient en contrepartie signer
 des accords de non-divulgation de leurs résultats. Systématiquement,
 des groupes de développeurs ont relevé le défi, mais n'ont pas signé
 les accords (se privant ainsi des récompenses) et ont divulgué leurs
 résultats, s'exposant ainsi à la menace d'un procès pour violation du
 DMCA.

 La sécurité par l'obscurantisme est fondamentalement incompatible avec
 le développement de logiciels libres. Ainsi, il est impossible de
 développer un lecteur libre pour des DVD vidéo ou de la musique
 encodée d'après la SDMI si l'on respecte le DMCA. C'est l'une des
 raisons pour lesquelles le DMCA est tant décrié dans la communauté
 informatique.

 Le DMCA n'apporte pas de solutions pour lutter contre le piratage. La
 RIAA tente de s'en servir pour imposer légalement l'inviolabilité des
 <<boîtes noires>> décrites précédemment, mais ceci n'est visiblement
 pas la bonne approche, puisque une boîte noire piratable apportera un
 bien piètre protection aux droits d'auteur.

 \subsubsection{Les taxes sur les supports}

 Les cassettes, DAT, MiniDisc et maintenant même les CD-Rom sont
 taxés par l'état.  Ces taxes ont officiellement pour but de compenser
 auprès des éditeurs et des auteurs les pertes occasionnées par le
 piratage rendu possible par ces supports.

 Malheureusement, le revenu occasionné par ces taxes est reversé à la
 SACEM ou à des organismes de répartition aux pratiques souvent
 obscures. Leur répartition est proportionnelle au nombre de disques
 vendus, alors que dans l'idéal, elle devrait être dégressive, pour
 permettre de vivre au plus grand nombre d'artistes possible.

 Ces taxes rémunèrent typiquement les éditeurs, qui n'ont aucune
 justification légale pour demander ces compensations. De plus, elles
 n'ont pas valeur de paiement, ce qui signifie que l'enregistrement de
 musique protégée sur des supports taxés n'autorise pas cette taxe.

 La taxe est forcément grossière et approximative. La taxe sur les
 CD-Rom est incohérente, car seuls 12\% des CD-Roms sont utilisés pour
 enregistrer de la musique. Toutes les utilisations pour archivage de
 données informatique sont donc pénalisées.

 La taxe sur les support n'est plus applicable à la distribution par
 Internet. Il est inacceptable de taxer les ordinateurs, car leur
 emploi est trop général. En France, le ministère de l'économie et des
 finances s'y est d'ailleurs ouvertement opposé en janvier dernier. Il
 faudra donc trouver un nouveau modèle de taxation si l'on veut
 rémunérer les auteurs de cette manière.



 \subsubsection{Les brevets sur les logiciels}

 Les brevets sont des monopoles accordés aux inventeurs sur
 l'exploitation de leurs inventions, à la condition qu'elle soit
 réellement innovante, et qu'ils les exploite. Les brevets ont été
 construits pour défendre les inventeurs sans le sous et leur permettre
 de se rémunérer justement sur la valeur de leurs inventions. Les idées
 ne sont théoriquement pas brevetable.

 Si les brevets sont utiles dans certains cas, ils sont de plus en plus
 décriés dans d'autres. L'un d'eux est la brevetabilité du vivant. Ce
 problème mériterait d'être approfondi, mais il sort du cadre de cet
 exposé.

 Les brevets ne sont théoriquement pas appliquable aux idées. Pourtant,
 le bureau américain des brevets accepte depuis plusieurs années le
 dépôt de brevets sur des algorithmes, et sur leurs applications dans
 des programmes informatiques. 

 \paragraph{Les brevets sur les logiciels en Europe}

 Le bureau européen des brevets (European Patent Office), qui est une
 société privée à but lucratif, a commencé depuis peu à accepter des
 dépôts de brevets sur des logiciels, et à faire du lobbying pour
 forcer leur acceptation par le parlement européen. Cette catastrophe a
 failli se passer sans contrôle démocratique, car la modification
 portait non sur une loi mais sur une interprétation restrictive de la
 loi, et que les protocoles de publication réglementaires ( publication
 dans toutes les langues officielles de l'Union Européenne ) n'ont pas
 été respectés.

 Pour bien comprendre l'ampleur de la catastrophe que représentent les
 brevets sur les logiciels, il faut savoir qu'un brevet, par exemple,
 sur un tire-bouchon, interdit la production sans licence de
 tire-bouchons similaires. Un brevet sur un algorithme interdit tout
 bonnement toute utilisation de cet algorithme (pour reprendre l'idée
 du tire-bouchon, il interdirait la production de tout appareil
 permettant d'ouvrir une bouteille de vin).

 En Europe, tout logiciel permettant de faire de l'aide au diagnostic
 médical est maintenant soumis à l'accord du détenteur du brevet. Aux
 \'Etats-Unis, un brevet couvre l'utilisation de la fonction logique
 XOR pour inverser les couleurs d'une image noire et blanc. Je suis
 personnellement en train de développer un logiciel libre permettant
 d'apprendre les langues étrangères. Il me sera impossible
 d'enregistrer la voix de l'utilisateur pour la comparer à une voix
 pré-enregistrée, car cette idée est brevetée.



 Un brevet est un monopole garantit par l'état sur l'exploitation d'une
 idée. Il nécessite que le développeur obtienne l'accord du
 propriétaire du brevet. Celui-ci décide seul du prix de la licence, et
 peut décider de la refuser purement et simplement à qui il veut.

 Il faut comprendre qu'un brevet est fondamentalement incompatible
 avec le logiciel libre, car le logiciel libre n'est pas contrôlable,
 est librement modifiable ou réutilisable, et qu'il est impossible de
 savoir combien de personnes l'utilisent.

 \paragraph{La validité des brevets}

 De plus, les bureaux de dépôt de brevets manifestent une incompétence
 notoire pour juger de la nouveauté d'une invention. C'est à la
 personne déposant le brevet de mener les recherches d'antécédants, ce
 qui signifie que celles-ci sont dans la plupart des cas inexistantes.

 De nombreux dépôts de brevets triviaux ont été réalisés pendant les
 dernières décennies pour décrédibiliser les bureaux de dépôt de brevets.
 Certains couvrent des connaissances scientifiques
 fondamentales. L'APRIL a récemment déposé un brevet sur tout logiciel
 permettant de gérer le passage aux 35 heures de travail par
 semaine. Il a évidemment été approuvé. 

 D'autres brevets triviaux sont eux de sérieux problèmes. En effet,
 British Telecom s'est récemment aperçu qu'ils possédaient un brevet
 qui pouvait couvrir les hyperliens, qui sont le mécanisme fondamental
 du \textsl{World Wide Web}. Ils l'utilisent actuellement pour exiger
 des royalties de tous les fournisseurs d'accès à Internet
 anglo-saxons.

 Les brevets sont typiquement formulés dans un langage légal
 indéchiffrable au commun des mortels, qui lui donne un aspect très
 complexe pour le non-initié, mais un champ d'application très
 large. Ainsi, il est courant que des brevets soient utilisés pour
 attaquer des concurrents sur la base d'idées que l'auteur du brevet
 n'avait pas du tout rêvées.

 \paragraph{L'arme fatale}

 Les brevets sont extrêmement chers à déposer, ce qui les rend
 inefficaces pour protéger l'inventeur de génie sans le sous. Par
 contre, ils sont extrêmement nombreux. IBM en possède 10\,000. En fait,
 il est actuellement impossible de développer une application de taille
 raisonnable sans violer une poignée de brevets. De plus, il est
 impossible de prétendre qu'un morceau de code ne viole aucun brevet,
 ce qui est pourtant exigé de chaque programmeur. Enfin, il est
 impossible de prévoir si une idée utilisée dans un programme sera
 brevetée à l'avenir.

 Les brevets sur les logiciels sont ainsi utilisés pour contraindre la
 concurrence. Si une entreprise possède des brevets qui peuvent vous
 être utiles, faites-lui des menaces de procès pour des brevets que
 vous possédez et qu'elle viole, puis proposez un accord d'échange de
 brevets. Ainsi, aucun développeur de génie ne peut tirer partie des
 brevets sur les logiciels pour assurer la rentabilisation de son idée.

 Les brevets sur les idées sont actuellement utilisés par les
 entreprises en fin de cycle de vie pour parasiter la société. Par
 exemple, une entreprise taïwannaise est en train de pourchasser en
 justice tous les fabricants de mémoire parce que leur mémoire est
 capable de retourner des informations sur un front montant et sur un
 front descendant de l'horloge. Cette idée avait été brevetée lors du
 développement de leur format de mémoire. Ce format avait été un échec
 commercial, mais l'idée est utilisée dans toutes les mémoires
 informatiques modernes.

 \paragraph{Exemple: le cas du Mp3}

 Le format de compression de musique dont nous avons parlé plus haut
 nous fournit un exemple intéressant. L'institut Fraunhofer (FI) qui a
 développé ce format a déposé des brevets sur les algorithmes qu'il
 utilise. Il a alors permis à tout le monde de développer des logiciels
 permettant de lire et d'encoder ces fichiers. Le format a ainsi connu
 un succès exemplaire. FI a alors décidé d'interdire l'utilisation de
 ses brevets pour écrire des logiciels d'encodage de musique, et
 exigeait ainsi des royalties. Ceci a rendu impossible la diffusion
 d'encodeurs libres. Depuis le début de l'année 2001, FI exige une
 licence de \$5\,000 de la part de toute personne utilisant ses brevets
 pour diffuser une radio sur Internet. Il est encore possible de
 décoder des fichiers mp3 gratuitement, mais cela pourrait changer du
 jour au lendemain.

 Un nouveau format sans brevet, répondant au nom de \textsl{Ogg
 Vorbis}, a été proposé pour pallier à ce problème, et est en cours de
 finalisation. Les développeurs de Ogg Vorbis affirment n'avoir utilisé
 aucun algorithme breveté par FI. Cependant, le doute subsiste, et même
 s'ils disent vrai, FI pourrait faire valoir le contraire devant un
 tribunal, ou simplement laisser pendre la menace de procès pour
 décrédibiliser le format.

 Le même scénario s'est produit il y a quelques années avec un brevet
 couvrant l'encodage d'images au format \textsl{gif} par la société
 Compuserve (maintenant rachetée par America On-Line. L'alternative
 proposée s'appelle \textsl{png}, mais les fichiers \textsl{gif} sont
 encore très répandus), ou avec l'algorithme d'encryption \textsl{PGP}
 (\textsl{Pretty Good Privacy}) (l'alternative s'appelle \textsl{GPG},
 ce qui signifie \textsl{GNU Privacy Guard}).

 Les brevets sur les logiciels sont une aberration législative issue du
 lobbying des bureaux des brevets. Loin d'aider à protéger la propriété
 intellectuelle, leur conséquence est plutôt de ralentir l'innovation
 technologique, ce qui est arrivé aux \'Etats-Unis ce 5 à 10 dernières
 années. S'ils donnent plus de travail aux avocats, ils suspendent une
 épée de Damoclès au-dessus du lit de chaque développeur,
 particulièrement des développeurs de logiciels libres (qui sont plus
 transparents, et qu'il est impossible de retirer du marché). La
 validité des brevets sur les logiciels en Europe sera décidée par le
 parlement européen à la fin de cette année civile.

 \section*{Conclusion}

 La propriété intellectuelle n'a pas été élaborée pour prendre en
 compte l'évolution actuelle des NTIC. Elle est par conséquence en
 pleine évolution. Cette évolution est cruciale, et déterminera pour
 beaucoup la façon dont les générations futures accéderont à la
 culture.

 Deux portes sont maintenant ouvertes sur le futur. L'une propose de
 libérer l'information, et repose sur la bonne volonté des auteurs. Son
 principal défaut est l'incertitude de la rémunération des auteurs. La
 seconde propose d'empêcher le piratage, mais empiète dangereusement
 sur la liberté d'expression de chacun d'entre nous. Elle repose sur
 un bridage des outils technologiques, et souvent sur des mécanismes
 légaux aux effets de bord menaçants.

 Les éditeurs ont jusqu'à présent fait reposer leur industrie sur la
 création de denrées rares, qu'étaient les livres et les
 enregistrements musicaux ou cinématographiques. Mais les NTIC sont en
 train de faire éclater cette niche économique, en permettant à
 tout-un-chacun de distribuer ces denrées à une audience très étendue,
 et ce à un coût devenu négligeable.

 Vont-ils réussir à maintenir artificiellement cette niche en place, au
 prix de notre liberté d'expression? Ou au contraire, la liberté
 proposée par les avancées techniques ne va-t-elle pas ruiner les
 auteurs, et de baisser ainsi la qualité des oeuvres auxquelles nous
 avons accès?


 \section{Bibliographie}


\begin{itemize}

\item L'expos\'e de Richard Stallman lors des \textsl{Libre Software
Days} \`a Bordeaux en juillet 2000:\\
\texttt{ http://lsm.abul.org/photos/transcript/rms\_20000707\_verbatim }\\
Philosophie (sociologie) et histoire.

Lors de cette conf\'erence, RMS propose une classification int\'eressante des \'ecrits en trois cat\'egories: les ouvrages techniques, qui devraient \^etre librement accessibles et modifiables pour rester valable dans un monde changeant, les ouvrages refl\'etant l'opinion de leur auteur, qui doivent \^etre librement diffusables mais pas modifiables, pour ne pas faire de tort \`a l'auteur, et enfin les travaux artistiques ou r\'ecr\'eatifs, ou le choix est plus difficile.

\item \textsl{The right way to tax DAT}, un article de RMS, est un bon compl\'ement du pr\'ec\'edent disponible sur \texttt{http://www.gnu.org/philosophy/dat.html}. Philosophie.

L'auteur revient sur le sens originel des copyright, et d\'efend que les ``redevances'' sur les cassettes et autres devraient servir \`a payer les auteurs, mais certainement pas les maisons de disque. \`A rapprocher de la ``Tascataxe''.

\item Le très vaste site web de l'\textsl{Electronic Frontier Foundation}, \texttt{http://www.eff.org}.

L'EFF est une organisation qui lutte pour la liberté d'expression et le respect de la vie privée sur Internet. Leurs critiques sont souvent d'une grande qualité. Le seul reproche à faire à ce site, c'est qu'il est trop vaste.

\item Une lettre ouverte \`a Mme Tasca, r\'eponse de l'APRIL \`a la ``Tascataxe'', ou projet de taxer tout ce qui a une m\'emoire informatique pour renflouer les caisses de la SACEM: \texttt{http://www.april.org/articles/divers/redevance.html}

Critique pertinante. De nombreux points \'evoqu\'es pourraient \^etre d\'evelopp\'es dans la conf\'erence.


\item Un discours donn\'e par l'artiste Courtney Love le 16 mai 2000, disponiblr sur \texttt{http://www.salon.com/tech/feature/2000/06/14/love/}. ``Today I want to talk about piracy and music. What is piracy? Piracy is the act of stealing an artist's work without any intention of paying for it. I'm not talking about Napster-type software. I'm talking about major label recording contracts.'' Instructif.


\item Un livre qui s'oppose \`a la propri\'et\'e intellectuelle:
\textsl{Information liberation, Challenging the corruptions of
information power} par Brian Martin.  London: Freedom Press, 1998, 189
pages, ISBN 0 900384 93 X. Egalement disponible sur
\texttt{http://www.uow.edu.au/arts/sts/bmartin/pubs/98il/}.
Philosophie. Ouvrage avec prises de position "radicales"
int\'eressantes.

Je n'en ai lu qu'une petite partie, et il semble trop vaguement li\'e
au sujet pour \^etre directement exploit\'e.

\item \textsl{Do Open-Source Books Work}, essai de Ben Crowell  sur la
faisabilit\'e commerciale de livres libres disponibles sur\\ \texttt{
http://www.lightandmatter.com/article/article.html}
Essai sociologique, publi\'e sous licence OpenContent.

Cet essai parle d'un cas pratique d'\'elaboration d'un manuel de
physique. Il r\'esume et explique clairement l'insatisfaction
manifeste des profs am\'ericains quand aux manuels scolaires.

\item \textsl{Gnupedia}, un projet d'encyclop\'edie collaborative
publi\'ee sur Internet, qui propose une alternative libre aux
encyclop\'edies ``restreintes'' propos\'ees par les soci\'et\'es
commerciales. Annonce du projet sur \\
\texttt{http://www.gnu.org/encyclopedia/announcement.html}.

\item Un communiqu\'e de presse de Arto Teräs \'evoque l'\'evolution
des contrats offerts aux contributeurs \textsl{freelance} des
magazines d'informatique en Finlande. Il est disponible sur\\ \texttt{
http://www.kaapeli.fi/\~vapaat/english/articles/19990914.htm}\\
Philosophie, sociologie.

Cet article, et mes discussions avec l'auteur, r\'ev\`elent qu'avec
l'arriv\'e des NTIC, les magazines et les lecteurs consid\`erent
comme un service important la publication sur Internet des anciens
num\'eros. Malheureusement, un volume important de ressources sont
impossibles \`a publier, car cela n'\'etait pas pr\'evu par le
contrat des auteurs freelance. Pour rem\'edier \`a ce probl\`eme, de
nombreux magazines ont exig\'e de plus en plus de droits sur les
articles des contributeurs. Leur r\'eactions et les accords trouv\'es
varient beaucoup selon les pays, domaines, et types de supports
(dessins, articles techniques...)

\item \textsl{Freelancer Online} est un site finnois qui f\'ed\`ere
les auteurs freelance.  La grande majorit\'e du mat\'eriel est en
finnois, mais on y trouve quelque articles en anglais. \\
\texttt{ http://www.kaapeli.fi/\~vapaat/english/\_frame.htm }


\item \textsl{The cathedral and the bazaar}, et le reste de la s\'erie:\\
\texttt{http://www.tuxedo.org/\~esr/writings/cathedral-bazaar/cathedral-bazaar/
\\ http://www.tuxedo.org/\~esr/writings/homesteading/ \\
http://www.tuxedo.org/\~esr/writings/magic-cauldron/} Une s\'erie
d'essais sociologiques sur la culture hacker, par le \"uber-hacker
Eric Raymond. Passionnants, et incontournables, ils font r\'ef\'erence
dans la mati\`ere, mais sont plus tourn\'es sur l'informatique. Ils
permettent de mieux comprendre les motivations des acteurs du
mouvement du logiciel libre. Attention, les hackers sont tout sauf des
pirates informatiques (crackers), ce que semble s'obstiner \`a ne pas
comprendre les journalistes de la presse grand publique.


\item Un livre de droit: \textsl{Droit commercial g\'en\'eral}, de
Laurence Boy et Marie-Laure Bermond, \'edition Economica, 1993.  Ce
livre touffu d\'efinit bri\`evement les m\'ecanismes juridiques que l'on
peut mettre en place pour prot\'eger les droits des auteurs de
logiciels. 


\item Un article de Linux Journal n. 81 (janvier 2001), sur le nouveau format
de fichiers audio compress\'es (successeur du mp3) libre de brevets. Par
Jack Moffitt.  \'Egalement disponible sur le site \\
\texttt{http://www2.linuxjournal.com/lj-issues/issue81/4416.html}

\item \textsl{Microsoft: quitte ou double}, article paru dans le
\textsl{Figaro \'economie} du lundi 29 janvier 2001, n. 17564, cahier
n. 3, pages 10-13.

Explique le fonctionnement de la plate-forme \textsc{.net} développée
par Microsoft, et qui aurait comme conséquense directe d'empêcher
physiquement le piratage des logiciels qui lui sont associés. Cette
idée ne semble pas faire d'ombre aux logiciels libres, dans la mesure
où l'on peut toujours avoir accès à des ordinateurs ``génériques''
(tels qu'on les conna\^it aujourd'hui).

\item Un commentaire technique sur le DeCSS: \\ \texttt{
http://www.lemuria.org/DeCSS/decss.html}.

Le DeCSS est un m\'ecanisme mis en place pour tenter d'emp\^echer la
modification de films enregistr\'es sur DVD. L'article explique
pourquoi c'est un \'echec technique et commercial, et en quoi il ne
sert qu'\`a  prot\'eger ill\'egitimement les int\'er\^ets des
fabriquants de DVD.

\item \textsl{The right to read}; une courte contre-utopie de Richard
Stallman disponible sur \texttt{
http://www.gnu.org/philosophy/right-to-read.html}. 

Met en garde contre les d\'erives possibles de l'exploitation
commerciale abusive de la notion de propri\'et\'e intellectuelle.

\item \textsl{Fire, work with me}: une parodie d'article qui d\'efend
l'application de copyrights sur le feu, par L. Fitzgerald Sjöberg.\\
\texttt{http://www.brunching.com/features/feature-copyfire.html}

\item Un article de John Gilmore, membre de l'\textsl{ Electronic
Frontier Foundation} et fondateur de \textsl{Cygnus software},
expliquant comment l'industrie du disque tente d'emp\^echer
physiquement la distribution de contenu culturel: \\
\texttt{http://cryptome.org/jg-wwwcp.htm}.

\item \textsl{Seybold opens chapter on digital books}: article
publi\'e sur le magazine informatique ZDNet, annon\c cant le
d\'eveloppement de logiciels permettant d'emp\^echer physiquement la
lecture de livres \'electroniques aux personnes n'en ayant pas pay\'e les
droits. (Logiciels de Adobe)\\
\texttt{http://www.zdnet.com/zdnn/stories/news/0,4586,2324939,00.html} Annonce
d'un logiciel concurrent, Microsoft Reader, sur le site de Microsoft:\\
\texttt{http://channels.microsoft.com/presspass/press/1999/Aug99/SeyboldPR.asp}

\item \textsl{The Copyright Grab}, article du magazine papier Wired,
du num\'ero du 4 janvier 1996, par  Pamela Samuelson, \'egalement
disponible sur \\
\texttt{ http://www.wired.com/wired/archive/4.01/white.paper\_pr.htm }

Cet article critique un \textsl{white paper} ou rapport produit par le
gouvernement des \'Etats-Unis sous Clinton. Ce rapport est
\textit{extr\^emement} inqui\'etant, en ce qu'il propose d'emp\^echer
toute forme de diffusion d'information qui n'aie pas \'et\'e
approuv\'ee (et monnay\'ee) par le propri\'etaire des droits
d'auteur. Plus de biblioth\`eques, impossible de pr\^eter un livre ou
un article \`a un ami ou \`a  un membre de la famille. Ou m\^eme de
citer un paragraphe de livre dans un rapport comme celui-ci. C'est
l'une des sources du texte \texttt{The right to read} de RMS cit\'e
plus haut.

\item \textsl{The Free Music Philosophy}, site web d\'ecrivant
l'application de la licence GPL \`a la musique, et pointe vers une
abondante collection de musique libre. \texttt{
http://www.ram.org/ramblings/philosophy/fmp.html} Philosophie.


\item \textsl{The Street Performer Protocol}, par John Kelsey et Bruce
Schneier, une sorte de document technique d\'ecrivant une m\'ethode
possible permettant de r\'emun\'erer les auteurs de contenu
libre. Document r\'edig\'e avec une rigueur scientifique, et disposant
d'une vaste bibliographie, disponible sur 
\texttt{ http://www.firstmonday.dk/issues/issue4\_6/kelsey/ }

\texttt{http://www.multimania.com/upbm/vademecum/articles\_de\_reflexion.html}.

\item \textsl{Andamooka: Open Support for Open Content}, article de
Linux Journal, numéro 82 de février 2001, par David
Sweet. Probablement également disponible sur le site du \textsl{Linux
Journal} \\( \texttt{http://www.linuxjournal.com} ).

Cet article présente un outil permettant la création collaborative de
livres, ainsi que le premier livre qu'il a servi à écrire (un ouvrage
technique). Il évalue les perspectives qu'offriront le développement
de ce type d'outils.

\item \textsl{Hackers}, un livre de Steven Levy (1984, Penguin Computing).

Moins axé sur la notion de propriété intellectuelle, ce livre donne
malgré tout un apperçu de la culture des hackers, et de leur notion de
la diffusion de l'information, notion fonatrice de la culture
d'Internet. On peut rapprocher ce travail des écrits de Eric Raymond,
ou éventuellement de l'apparition du projet Gutenberg.

\item \textsl{The FreeBooks project} \\ (
\texttt{http://freebooks.myip.org} ) est un projet plus vaste destiné
à explorer la possibilité de créer des livres collaboratifs. Quelques
ouvrages sont en projet, le premier étant un livre sur l'élaboration
collaborative de livres.

\item \textsl{Brevet sur les logiciels: attention au piège}, un tract
distribué par l'APRIL ( \texttt{http://www.april.org } ) lors du salon
LinuxExpo à Paris, en février 2001.

Ce document résume assez bien, et objectivement, les problèmes liés
aux brevets des logiciels, et donne quelques dates clef et chiffres
marquants.


\item Le Projet Gutenberg est une initiative originale visant \`a
distribuer librement des livres (classiques...) dont les droits
d'auteurs ont expir\'e. Il se heurte aux cons\'equences du lobbying
des \'editeurs, qui tente d'\'eliminer cette concurrence
g\^enante. \texttt{http://promo.net/pg/} 

Le projet Gutenberg est un travail incontournable, qui interpelle le
lecteur sur le fait que des institutions aussi puissantes que les
librairies nationales n'aient pas encore eu l'intelligence de publier
quelque information de valeur sur Internet. Les mainteneurs du projets
cherchent des contributeurs.

\item \texttt{http://www.finix.eu.org/Manifestations/160600/\\Presentations/Libre/libre.T0.html}

\item \texttt{http://www.smets.com/it/tco/faust/faust\_0.htm}

\item \texttt{http://www.proto.education.gouv.fr/ELLIB/questions.htm}

\item \textsl{Encyclopedie Universalis}, tome 19, \textsl{<<propriété intellectuelle et artistique}

\item CD-Rom des archives du \textsl{Monde}, articles sur les droits d'auteur, le piratage, le \textsl{divx}.

\item Encyclopédie \textsl{Univers des couleurs}, Larousse. Retrace l'évolution des appareils vidéo.

\item Un site de Jean-Luc Stefant sur l'évolution du DVD:\\ \texttt{http://www.monweb.interpc.fr/jean-luc.stefant/DVD.html}. 

\end{itemize}


\end{document}

